ALEXIA GREDY

NOSTALGIE SARDE

Des étés en Sardaigne avec les cousins et ce transistor sur lequel passent des K7 pop italiennes…

De quoi inspirer, des années plus tard, la jeune Alexia Gredy, qui transpose son doux Un peu plus souvent en ritournelle sarde, douce version transalpine : Un po’ piu spesso.

Textes : Aymeric Cattenoz

Photos : Virgile Guinard

UN PEU PLUS SOUVENT

Alexia Gredy, nostalgie sarde, pour Mediterranea Magazine

C’est une ritournelle douce, légèrement désuète, que l’on imaginerait tout droite d’un après-midi aux bords des auto-tamponneuses. Que l’on chante en bord de piste, dans la foule, dans le bruit, à demi-mots, perdus dans le flot de passants, des sons et des atmosphères qui se succèdent.

Cette nostalgie, elle se chante en italien. C’est Alexia Gredy, qui, au cours de son fabuleux Hors-saison sorti en 2022, s’accordait une embardée transalpine. Il s’agissait d’Un peu plus souvent, morceau-phare de l’album, où la jeune chanteuse d’origine sarde hésitait entre parfois, souvent et tout le temps. Cela devenait Un po’ piu spesso, version italienne délicieuse, dans la langue de Lucio Battisti.

Nostalgie sarde d'Alexia Gredy pour Mediterranea Magazine

LES étés

sardes

Je suis d’origine italienne par ma mère”. Petite, Alexia Gredy passe ses vacances en Sardaigne. Joue, se baigne, tue le temps et grandit avec ses cousins. Plein de souvenirs un peu vagues. Et cet italien de vacances, qu’elle ne parle pas très bien mais qui parcourt son cœur et ses souvenirs.

Les K7 de maman chantent Patti Bravo, qui la fait rêver, ou encore Lucio Battisti. Et puis, elle adore cette mode très 60’s-70’s, des reprises en version étrangère. “Françoise Hardy en avait fait un album. Il y avait notamment cette reprise en italien de Oh oh Chéri. La version italienne a été une véritable redécouverte. Je l’adorais”.

Alors, au moment, de laisser la main à des remixs (dont excellentissime livraison de Yuksek), Alexia reprend son vieux rêve. Avec ses acolytes, elle s’attelle à la version alternative d’Un peu plus souvent.

Alexia Gredy, nostalgie sarde, pour Mediterranea Magazine

ENTRE MALADRESSE

ET SINCERITE NOUVELLE

Lorsque l’on chante dans une langue qui n’est pas la sienne, il y a une maitrise qui soudainement disparait. Mais cela laisse place à une maladresse, une vulnérabilité passionnantes.”

Dans une langue qui n’est pas la sienne, les sentiments passent différemment. Et cela me touche.” On sent, au fil des notes, le plaisir d’Alexia à jongler avec ces mots italiens, dans cette mélancolie doucement seventies.

Peut-être pense-t-elle à un été prochain, par une fin de journée, aux prochains souvenirs un peu vagues...

Parfois, les pièces mettent des semaines à être rapatriées. “Il faut trouver le transporteur qui a envie de se rendre dans de tous petits villages, au milieu des montagnes. Ou encore, qu’un transporteur rassemble une cargaison suffisamment conséquente pour réaliser la traversée en ferry depuis la Sicile!”.

Qu’importe, cela fait partie du plaisir, et de l’histoire. Le temps, c’est finalement, ce qui fait la beauté des pièces et de la démarche Eccho.

D’ailleurs, du temps, la dame au porte-manteau n’en n’avait pas ce matin-là. Elle s’en est excusée, en promettant de revenir dès demain. Un petit sms reçu : “la gentille dame est revenue! Il ne nous reste plus qu’à trouver en transporteur pour amener le porteau-manteau chez elle!”

Alexia Gredy, son selecta pour Mediterranea

Le selecta d’Alexia Gredy est à retrouver ici-même.