PISTOU MON AMOUR
“Petit, lorsque je jouais en fin de journée dans le jardin provençal familial,
je voyais ma grand-mère cueillir le pistou avec patience et amour.
Elle en préparait une soupe qui ne m’intéressait guère à l’époque.
Un jour, un ami nous prépara un pesto maison dont je n’oublierais jamais le goût, fin et frais.
Méditerranéen.
Lorsque je l’ai raconté à ma grand-mère, elle me regarda avec un air attendri, mêlé de sarcasme.
- Ha, il t’en a fallu du temps, mon garçon.
J’avais vécu plus de 20 ans sans pesto?
Depuis, je serais capable de vendre ma collection complète de disque d’Ahmed Malek pour un plat de pesto aux pistaches, de pesto rosso ou de ce que vous voulez, mâtiné d’ail du jardin.”
zaatar mon amour
“Il m’a fallu 25 ans pour découvrir le zaatar.
Depuis, ma vie a changé. Est-ce à cause (ou grace!) au zaatar?
Nous nous sommes rencontrés en Palestine. A Ramallah. Tfaddal. “Tiens!” Je n’avais pas compris. Mon arabe était balbutiant. La dame ne parlait pas plus anglais. Elle me proposait de tremper un morceau de pita dans l’huile d’olive, puis dans ce mélange d’herbe : le zaatar.
J’aimerais dire que le monde se divise en deux. Ceux qui aiment le zaatar? Et ceux qui ne connaissent pas le zaatar. Ceux qui n’ont jamais goûté les délicieux manouché au zaatar. Ceux qui n’ont jamais pris pour habitude essentielle de parsemer leur houmous de zaatar.
Le zaatar, cela n’a l’air de rien. Et pourtant c’est la vie.
Si Marseille est l’une des plus belles villes du monde, c’est parce que l’on y rencontre des gens de goûts. Des gens chez qui je peux me fournir. Fama à Endoume. Provisions, à Notre Dame du Mont.
Longtemps, je n’ai pas vraiment voulu en connaître la composition. Oh, je savais qu’il y avait du sésame dans l’histoire. Le thym, le sumac, tout cela est venu après.
Chaque fois qu’un ami palestinien rentre chez lui, je lui demande de m’en ramener.
Le précieux sésame arrive dans une petite poche plastique insignifiante et je me scandalise chaque fois un peu plus que mon ami ne manifeste pas plus d’égard pour un bien si précieux.
Puis, je me rappelle avec émotion du regard stupéfait de cette dame qui, me proposait, à l’aube de mes 25 ans de gouter l’épice qui allait changer ma vie”