AYLA MILLESEN
LA PETITE FRANçaise d’ISTANBUL
Ayla Millesen porte un prénom turc.
Elle est aussi devenue, 6 ans durant, la petite Française de la scène rock d’Istanbul.
Histoire garantie vraie!
Textes : A.Cattenoz
Photos : Dilan Boyzel
bébé
MANGE TES MORTS
“Alors, bébé, mange tes morts!”.
C’est par cette injonction un tantinet virile que débute ma rencontre avec Ayla Millesen. Nous sommes sur le titre du même nom, rassemblant Ayla et le musicien turc Elektro Hafiz.
Roulements de tambour, quelques notes de synthé vintage, puis Ayla débarque en rappelant au jeune destinataire du morceau qu’elle avait initialement mieux à faire : jouer de la guitare.
C’est que la guitare joue un rôle tout particulier chez Ayla, jusqu’à la guider en Turquie, où elle deviendra pendant quelques années la petite française qui collaborera avec ce que la scène stambouliote compte de rock bands passionnants.
Parce que rien n’arrive par hasard, ou peut-être bien que si, la Turquie avait, dès le berceau, déja posé une main sur l’épaule d’Ayla. Ayla est un prénom turc qui évoque la lumière. Sa mère a choisit en hommage au livre d’Ayla et les enfants de la terre.
“La Turquie a toujours été présente dans ma vie, à vrai dire”, confie la musicienne bordelaise. C’est juste que je ne le remarquais pas.
Beaucoup de ses amis d’enfance son Turcs. Alors, quand, jeune adulte, elle décide de partir quelques mois pour Istanbul, ce n’est peut-être pas anodin.
@dilan boyzel
la vie
istanbul
On parle Baris Manco. On parle Selda Bagcan. Ayla s’illumine.
Ces grands noms de la chanson turque, elle a appris à les découvrir, les apprécier, les comprendre, lors d’un voyage qui s’est transformé en séjour de 6 ans, mariage compris.
L’amour prend le visage d’un producteur turque, avec qui elle va collaborer et rencontrer les artistes qui composent la bouillonnante scène de la mégalopole aux 3 continents. Son statut de petite Française attire la bienveillance des collaborations, mais il faut jouer des coudes. Une expérience formatrice. La jeune musicienne n’a rien à perdre. Elle observe, écoute, enregistre.
COUP D’ETAT *
ET RETOUR EN FRANCE
Celle qui veut juste faire de la guitare, va tout ré-apprendre là-bas. Elle s’inscrit un temps au Conservatoire, où elle est la seule étrangère!
Ayla apprend de nouvelles techniques et une approche de la pratique musicale radicalement différente.
La politique, elle, n’est jamais loin. A Istanbul, la scène est engagée. Elle observe la liberté d’expression menacée. Ses confrères qui doivent vivre sous la menace de la censure et d’une société sous tension. Le Coup d’état et la répression qui s’ensuit annonce le retour en France d’Ayla et de sa famille. Elle y poursuit les explorations musicales, sans couper le lien avec la Turquie au gré de diverses collaborations, comme ce fameux Bébé mange tes morts, qui faisait suite au très beau L’amour à deux doigts, toujours avec Elektro Hafiz.
A quand un album de reprises de Baris Manco et Selda Bagcan?
@dilan boyzel