MARGHERITA CHIARVA
LES BELLES ERREURS ANALOGIQUES
Depuis son île espagnol, Margherita Chiarva nous parle de son amour du développement photo et des erreurs magnifiques qui peuplent son travail de photographe.
FACE A LA MER*
Une petite fille sort de la sieste. “Aymeric, je vous rappelle un peu plus tard!”.
Ça y est, l’enfant est réveillée et joue tranquillement, pendant que sa mère, l’artiste espagnole Margherita Chiarva évoque, dans son accent si particulier, son travail de photographe.
Née à Milan, un accent à consonnances françaises, Margherita est espagnole. Elle vit sur une ile, ou son studio salue la mer à chaque heure du jour et de la nuit.
Elle s’y est installée en famille pendant le Covid, après avoir beaucoup voyagé et n’en est jamais repartie. Margherita est méditerranéenne depuis toujours. Photographe itou.
Elle a touché à la vidéo, travaillé pour Vogue, mais c’est en 2017, qu’elle touche ce qui deviendra son médium de création par excellence : la darkroom, la pièce de développement.
LE GOUT
DES ERREURS
Margherita adore réaliser des ouvrages de ses photos, “la meilleure façon de partager!”. Le papier et la texture sont des acteurs à part entière de son travail. Organiques, ses créations semblent en ébullition, à l’épreuve de la lumière et des procédés chimiques du développement photographique.
Margherita est passionnée. Cela s’entend à sa voix, à son début de parole, tantot vif, tantot reveur, comme si elle redécouvrait à chaque fois le plaisir qu’elle ressent en travaillant ses photographies en atelier. C’est là qu’elle y réalise des erreurs. Erreurs, le mot revient, comme une ritournelle douce dans la bouche de celle qui confie qu’être devenue photographe a été la toute première de ses erreurs. Ce n’était pas prévu. Et pourtant.
L’ARRIère-plan
evanouit
Chez Margherita, tout est question de processus. Laisser l’imprévu intervenir. “Cela demande une grande précision, tu sais, de faire des bêtises!”. Margherita éclate de rire. Mais à l’intérieur de cet espace, l’extérieur se glisse et produit des résultats magnifiques.
Sur ces clichés glissent vers l’onirisme. Intemporels, ils naviguent entre les eaux des époques, comme dans les portraits de A daily Ritual of Solitude. Dans Leave no traces, c’est le sable du désert qui donne vie à ses cyanotypies. L’infiniment petit agrandit. Dans Displaced Realities, la mer s’invite par la fenêtre, jusqu’à se perdre dans l’horizon que l’on devine évanouit à l’arrière-plan.
Margherita le dit. Elle aime explorer le monde avec ses photographies. Sa fille est de retour. La mère reprend ses droits, dans quelques derniers mots : “I don’t know yet where I belong. It doesn’t really matter. I like being so close to the sea. This type of sea s where I feel at home”
ALLER
PLUS LOIN
LE TRAVAIL DE MARGHERITA
EST A DECOUVRIR EN LIGNE