YAENSEN
l’homme qui parle au ney
Yassin, a.k.a Yaensen est une figure à part du paysage musical méditerranéen.
Un dj passé par l’électro avec son génial duo Jugurtha, fanatique de oud et de ney, qui compose depuis la Tunisie, où il s’est réinstallé il y a quelques années.
Rencontre sur ces terres.
Propos recueillis à Tunis par Aymeric Cattenoz
Tu es né dans une famille d’artistes, non?
Oui (rires). Il y avait des photographes, des poètes, des acteurs, des dramaturges. Pour créer, chez nous, il y a toujours eu ce côté off des choses, où on observe le monde, ses attitudes, les pensées. Cela m’a influencé. J’aime ce qui est naturel, simple. Transmettre, co-créer, partager. Les temps seuls aussi, pour se ressourcer.
Tu es venu naturellement à la musique?
Les premiers pas, ça a été l’écoute, puis la danse approxmiative, sur tout type de musique.
Un jour grâce à ma mère, un piano en bois est arrivé tout droit d’une brocante. J’avais une dizaine d’années et tout de suite, je me suis amusé à reproduire les notes que j’entendais dans les chansons à la radio. C’état assez instinctif en fait.
Puis, je me suis dit “et si c’était moi qui faisais de la musique?”. J’ai commencé à créer, j’ai adoré.
Yassin, c’est quoi ta Méditerranée à toi?
Y : J’ai un pied dans la nature, un autre dans la musique. Je cherche constamment l’équilibre entre les deux. Je suis le fils de la Méditerranée, grec du côté de ma mère, tunisien du côté du père, paix à son âme. Je suis né à l’Ariana, à Tunis. Chez moi, c’est un mélange de trois cultures méditerranéennes.
C’est aussi là qu’arrive la découverte du ney ?
u es bien informé! Oui, le ney, c’est mon instrument. Je pourrais t’en parler des heures (rires). C’est une flute en roseau millénaire, qui me rappelle la gasaba, la flute pastorale tunisienne que j’entendais dans les montagnes, lors des cérémonies quand j’étais enfant.
J’en avais trouvé une à Marseille. Le ney permet de créer un style unique, entre structure électronique et flute ancienne.
La magie était là. J’ai étudié très sérieusement. J’ai aussi rejoint l’orchestre maalouf de Paris, héritage arabo-andalou qui constitue la musique classique tunisienne.
Raconte-nous l’expérience Jugurtha...
Une grande, forte et difficile expérience. On a commencé après un live de Junkers no Junkies, avec Samir. On a commencé à orientaliser un peu notre musique. Un mec de Because nous a dit qu’on tenait quelque chose...
Alors, on a poussé le truc. Ce qu’on voulait, c’était créer des ponts entre cultures, entre générations. Il y avait la fougue de la vingtaine et ça aboutit à une première sortie “Khayyam”.
Là, ça décolle : un agent à Berlin, des mecs qui rejoignent l’aventure, des collabs, etc.
On a commencé à tourner à l’étranger, à gagner notre vie avec la musique. Et ça, c’est un rêve de gosse qui se réalise.
Puis le Covid est arrivé, des évènements familiaux, des conflits de vision.
Mais ça a été une très belle aventure et je remerce tout ceux qui y prit part.
Passion totale, immédiatement?
Oui, et non, en fait. Le solfège par la suite ne m’a pas parlé tant que ça. Ce n’était sans doute pas assez créatif à mon goût, même si j’y a découvert la darbouka par exemple.
Ce qui m’a vraiment boosté, c’est la découverte, à la vingtaine, du djing. Une révélation totale : voyager le monde, passer des disques... J’avais des étoiles plein les yeux. Je me suis lancé là-dedans. J’ai aussi commencé à composer un peu, notamment avec Ableton. Avec un acolyte, on a ensuite fondé le duo Junkers No Junkies, dont il reste quelques traces en lignes, puis Jugurtha, un duo électro oriental, avec une vraie direction artistique.
C’est aussi là qu’arrive la découverte du ney ?
u es bien informé! Oui, le ney, c’est mon instrument. Je pourrais t’en parler des heures (rires). C’est une flute en roseau millénaire, qui me rappelle la gasaba, la flute pastorale tunisienne que j’entendais dans les montagnes, lors des cérémonies quand j’étais enfant.
J’en avais trouvé une à Marseille. Le ney permet de créer un style unique, entre structure électronique et flute ancienne.
La magie était là. J’ai étudié très sérieusement. J’ai aussi rejoint l’orchestre maalouf de Paris, héritage arabo-andalou qui constitue la musique classique tunisienne.
Raconte-nous l’expérience Jugurtha...
Une grande, forte et difficile expérience. On a commencé après un live de Junkers no Junkies, avec Samir. On a commencé à orientaliser un peu notre musique. Un mec de Because nous a dit qu’on tenait quelque chose...
Alors, on a poussé le truc. Ce qu’on voulait, c’était créer des ponts entre cultures, entre générations. Il y avait la fougue de la vingtaine et ça aboutit à une première sortie “Khayyam”.
Là, ça décolle : un agent à Berlin, des mecs qui rejoignent l’aventure, des collabs, etc.
On a commencé à tourner à l’étranger, à gagner notre vie avec la musique. Et ça, c’est un rêve de gosse qui se réalise.
Puis le Covid est arrivé, des évènements familiaux, des conflits de vision.
Mais ça a été une très belle aventure et je remerce tout ceux qui y prit part.
Passion totale, immédiatement?
Oui, et non, en fait. Le solfège par la suite ne m’a pas parlé tant que ça. Ce n’était sans doute pas assez créatif à mon goût, même si j’y a découvert la darbouka par exemple.
Ce qui m’a vraiment boosté, c’est la découverte, à la vingtaine, du djing. Une révélation totale : voyager le monde, passer des disques... J’avais des étoiles plein les yeux. Je me suis lancé là-dedans. J’ai aussi commencé à composer un peu, notamment avec Ableton. Avec un acolyte, on a ensuite fondé le duo Junkers No Junkies, dont il reste quelques traces en lignes, puis Jugurtha, un duo électro oriental, avec une vraie direction artistique.
Nouvelle étape en Tunisie...
Sous l’entité Yaensen, il y a ce premier projet Yigen, un album afro-méditerranéen. Pour la collab avec Stef’n’goni, l’idée a été de développer un paysage plus ou moins libre sur les boucles que créait Stéphanie.
Le fait d’avoir beaucoup joué dans la rue est aussi une formidable source d’inspirations. Cela m’arrive aussi de penser à des mélodies quand je suis seul. Mais les reproduire c’est parfois une autre paire de manche!
En tout cas, le fait de se limiter à un seul instrument, ça donne un cadre super utile! Après, je te dis ça, mais chaque fois que je veux aller vers le tout accoustique, l’électro m’attrapae par l’épaule, et je me vois remixer mes morceaux, au point d’avoir un live tout entier organic downtempo avec toutes mes créations, pour les périodes estivales. Mais promis, un jour j’arête le kick, et je ne fréquente que des musiciens!